Analyser les inconvénients du bail réel solidaire

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Par Nina

Le Bail Réel Solidaire (BRS) : une aubaine pour l’accès à la propriété, n’est-ce pas ? En apparence, oui. Mais est-ce vraiment le Graal immobilier qu’on vous vend ? On va lever le voile sur ce qui se cache derrière cette formule alléchante.

Plafonnement du prix de revente : adieu la plus-value ?

Vous interrogez sur la rentabilité d’un bien en Bail Réel Solidaire (BRS) ? Comprenez bien les limites concernant la plus-value.

Comprendre le calcul du prix plafonné

Le prix de revente d’un logement en BRS n’est pas libre. Il est strictement encadré par une formule d’indexation. Cette formule se base souvent sur l’Indice de Référence des Loyers (IRL) ou l’Indice du Coût de la Construction (ICC). L’objectif est clair : garantir l’accessibilité du logement sur le long terme. Ne vous attendez donc pas à une forte plus-value, car ce dispositif n’est pas conçu pour ça.

Moins-value potentielle : est-ce un risque réel ?

Plafonner le prix a des impacts. Si le marché immobilier classique s’envole, votre bien en BRS ne suivra pas cette hausse. La plus-value que vous auriez pu faire est donc limitée, voire inexistante. Dans certains contextes économiques, une moins-value relative est même possible. La revente est encadrée ; ne vous attendez pas à des miracles financiers.

Des frais supplémentaires qui pèsent sur le budget

Le BRS, c’est aussi son lot de dépenses annexes. On décortique les coûts additionnels qui peuvent alourdir votre budget.

La redevance OFS : un coût mensuel incontournable

Vous êtes propriétaire de votre logement, oui, mais pas du terrain. C’est là qu’intervient l’Organisme de Foncier Solidaire (OFS). Vous lui versez une redevance mensuelle pour l’occupation de cette parcelle. Attendez-vous à débourser entre 1 et 4 euros par mètre carré. Ce montant, attention, est indexé. Contrairement à une acquisition classique où le foncier est inclus dans le prix initial, ici, c’est une charge récurrente.

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Taxe foncière et frais de notaire spécifiques

Même avec un BRS, la taxe foncière sur les propriétés bâties reste due. La bonne nouvelle, c’est que beaucoup de communes jouent le jeu et octroient un abattement conséquent, qui peut aller de 30 % à une exonération totale. Cela peut durer toute la durée de votre prêt immobilier, voire plus. Côté frais de notaire, prévoyez environ 2 à 3 % du prix pour un achat neuf et entre 7 et 8 % dans l’ancien. Des dépenses à ne pas négliger.

Éligibilité stricte : un frein à la vente et à l’achat

Les restrictions d’éligibilité compliquent fortement les processus d’achat et de revente d’un logement en bail réel solidaire. Voyons pourquoi.

Les critères d’éligibilité : qui peut acheter (ou revendre) ?

  • Plafonds de revenus selon la zone géographique (A, B1, B2, C) et la composition du foyer.
  • Le logement doit être la résidence principale de l’acquéreur.
  • Occupation minimale de 8 mois par an.
  • Ne pas être déjà propriétaire d’un logement dans la même zone (sauf exceptions).

Ces critères ne s’appliquent pas seulement à l’achat initial. Ils restent valables pour chaque futur acquéreur lors de la revente. Autrement dit, vous ne pouvez vendre votre bien qu’à une personne respectant ces exigences. Cela restreint considérablement le marché des acquéreurs potentiels, ce qui peut rallonger les délais de vente.

Difficultés de revente : que se passe-t-il si je ne trouve pas d’acheteur ?

Scénario Délai avant rachat OFS Conditions de rachat Prix de rachat
Absence d’acheteur éligible Variable, souvent 1 an Notification à l’OFS Prix de revente encadré
Changement de situation du vendeur Après tentative de vente infructueuse Selon les clauses du contrat Prix encadré par l’OFS
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Si vous ne trouvez pas d’acheteur éligible dans un délai défini, généralement un an, l’OFS a une obligation de rachat. C’est une sécurité, certes. Mais l’OFS rachètera le bien au prix de revente encadré. Vous devez respecter des conditions spécifiques pour activer ce rachat, ce qui peut entraîner des délais supplémentaires et une certaine rigidité.

Le bail réel solidaire sur le long terme : durée et transmission

Le Bail Réel Solidaire implique des engagements sur de longues périodes. Il est important de comprendre les conséquences de cette spécificité.

Propriétaire sans le foncier : quelles conséquences ?

Avec le bail réel solidaire, vous achetez les murs, mais vous louez le terrain. Vous devenez ainsi propriétaire du bâti, mais vous restez locataire du foncier auprès de l’Organisme de Foncier Solidaire (OFS). La durée du bail est très longue, elle peut aller de 18 à 99 ans et est rechargeable. C’est une belle garantie, n’est-ce pas ? Cependant, cette situation implique aussi le paiement continu d’une redevance à l’OFS pendant toute la durée de l’occupation. Ce n’est pas anodin sur un engagement d’une telle ampleur.

Transmettre son bien réel solidaire : est-ce possible ou complexe ?

Vous demandez si vous pouvez léguer votre bien sous bail réel solidaire ? Oui, c’est possible, mais avec des conditions. Vos héritiers devront eux aussi remplir les critères d’éligibilité du bail réel solidaire, notamment les plafonds de revenus et l’exigence de résidence principale. Si vos héritiers ne sont pas éligibles, ils ne pourront pas conserver le bien. Cela peut compliquer la succession, les forçant potentiellement à vendre le bien dans un délai contraint, et encore une fois, sous conditions. Pas si simple d’anticiper l’avenir.

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